Avr
15
2026
Seconde main : 66 % des Français achètent ou vendent, un marché désormais stabilisé
6ème année du Baromètre Seconde main
Longtemps perçue comme une alternative marginale, la seconde main est aujourd’hui devenue un pilier de la consommation des Français. En France, ce marché a désormais atteint les 14 milliards d’euros, une dynamique qui confirme un basculement durable des modes de consommation, porté à la fois par la recherche d’économies et l’évolution des mentalités (Xerfi).
Afin de mieux comprendre les usages actuels et leur évolution, iligo a interrogé 1006 Français dans le cadre de son cycle d’étude de l’Observatoire du Consommateur Contemporain.
78 % des Français se disent intéressés par ce mode de consommation
La seconde main se stabilise et reste solidement ancrée dans les usages des Français : 66 % déclarent aujourd’hui acheter ou vendre des produits de seconde main (-1 point vs 2025). Plus largement, 78 % des Français se disent intéressés par ces produits, signe d’une appétence toujours forte pour ce mode de consommation (= vs 2025). Dans le détail, 74 % déclarent acheter de la seconde main (-4 points vs 2025) et 78 % en revendre (+3 points vs 2025), les consommateurs vendent davantage qu’ils n’achètent, signe d’un contexte où les gens cherchent à faire des économies. Cette dynamique seconde main qui reste particulièrement marquée auprès des 35-49 ans et des CSP+.
46 % des Français cherchent à se débarrasser de leurs objets, de nouveaux leviers émergent
En 2026, les motivations liées à la seconde main restent largement dominées par des logiques pratiques et économiques. Se débarrasser de ses objets inutiles ou encombrants reste la première raison, citée par 46 % des Français (-6 points vs 2025). Viennent ensuite la possibilité de gagner de l’argent pour 41% (-8 points vs 2025) et pour 39% celle de profiter de produits de bonne qualité à moindre coût (-10 points vs 2025).
Ainsi, le top 3 des motivations reste inchangé, mais enregistre un recul global expliquée par l’enrichissement de nouveaux items dans l’édition 2026.
L’aspect écologique est cité par 37 % des Français, tandis que la crainte de se faire tromper concerne désormais 20 % des répondants. Par ailleurs, la seconde main s’impose aussi comme une alternative au luxe neuf pour 20 % des Français, traduisant une évolution vers des usages plus opportunistes.
Le prix reste roi pour 74 % des acheteurs et 64 % des vendeurs
Tant à l’achat qu’à la vente, les motivations de la seconde main restent largement dominées par des considérations économiques. 74 % des acheteurs déclarent être attirés par des prix bas à l’achat (-5 points vs 2025), tandis que 64 % des vendeurs citent le gain d’argent comme principal levier à la vente (-5 points vs 2025), confirmant le rôle central de la seconde main comme outil d’optimisation budgétaire.
Du côté des acheteurs, le plaisir de dénicher des produits arrive en deuxième position, cité par 53 % d’entre eux (-2 points vs 2025). L’aspect écologique, quant à lui, est mentionné par 49 % (= vs 2025), confirmant qu’il reste important mais secondaire face aux logiques financières.
Du côté des vendeurs, les motivations apparaissent plus diversifiées avec des dimensions très concrètes comme le fait de libérer de l’espace chez soi pour 61% (-4 points vs 2025) ou de vendre plutôt que jeter pour 53 % (-7 points vs 2025). Par ailleurs, des motivations liées à la durabilité émergent, avec 44 % des vendeurs qui souhaitent donner une seconde vie aux objets et 39 % qui évoquent une démarche écologique.
72 % des acheteurs et 74 % des vendeurs privilégient les vêtements en seconde main
En 2026, les catégories de produits de seconde main les plus plébiscitées restent globalement inchangées par rapport à 2025, aussi bien à l’achat qu’à la vente. Les vêtements conservent très largement la première place, devant les biens culturels (livres, CD, DVD), le mobilier et la décoration ainsi que les jeux vidéo et les jeux de société, qui demeurent au cœur des pratiques des Français.


Si ce top reste inchangé, ces catégories enregistrent toutefois un léger recul, aussi bien chez les acheteurs que chez les vendeurs. À l’inverse, la maroquinerie, l’outillage et les produits de luxe gagnent du terrain des deux côtés, signe d’un élargissement progressif des usages vers des catégories plus spécifiques et à plus forte valeur.
La crainte des arnaques devient le premier frein à la seconde main, citée par 34 % des Français
Aujourd’hui, le principal frein au recours à la seconde main n’est plus le manque de confiance dans la qualité des produits, mais la peur des arnaques ou des mauvaises surprises, évoquée par 34 % des non-consommateurs (+2 points vs 2025). Viennent ensuite les doutes liés à la qualité et à l’état des articles citées par 29 % (-6 points vs 2025) ainsi que les interrogations autour de l’hygiène et de la propreté des produits, citées par 27 % des répondants (-3 points vs 2025).
Des freins qui montrent que, malgré l’ancrage de la seconde main dans les usages, les enjeux de confiance et de réassurance restent centraux pour convaincre les Français les plus hésitants.
Le digital domine avec 58 % des achats et 63 % des ventes
Les canaux digitaux restent largement dominants dans les pratiques de seconde main. Les plateformes en ligne spécialisées sont utilisées par 58 % des Français pour acheter (-6 points vs 2025), talonnées par les sites généralistes, cités par 57 % (+2 points vs 2025). Les marchés physiques, mentionnés par 47 % des acheteurs (-3 points vs 2025), confirment leur rôle complémentaire.
Du côté de la vente, les sites généralistes arrivent en tête et progressent, cités par 63 % des vendeurs (+2 points vs 2025), devant les plateformes spécialisées pour 59 % (-3 points vs2025) et les marchés physiques pour 33 % (= vs 2025).
D’autres canaux complètent ces usages, comme les magasins spécialisés (27 % à l’achat ; 14 % à la vente), les réseaux sociaux (27 % ; 15 %) ou encore les enseignes proposant de la seconde main (21 % à l’achat).
Et demain, quelles perspectives ?
En 2026, la seconde main entre dans une phase de stabilisation. Désormais largement installée dans les usages, elle confirme son rôle dans le quotidien des Français, portée avant tout par des logiques économiques et de praticité. Si l’argument écologique reste présent, il demeure secondaire face aux enjeux de pouvoir d’achat.
Après plusieurs années de forte croissance, la seconde main semble ainsi atteindre un stade de maturité. Reste à savoir si cette dynamique continuera d’être guidée par les contraintes économiques, ou si elle évoluera vers des logiques plus durables et choisies ?
Le mot de nos experts
Selon Hortense Brière, directrice du pôle Consumer Experience chez iligo :
« La seconde main est aujourd’hui un mode de consommation installé dans le quotidien des Français qui y voient toujours principalement un avantage économique dans un contexte où le pouvoir d’achat des ménages est à la baisse. Les vêtements restent la catégorie principale mais d’autres catégories émergent comme la maroquinerie et les produits de luxe montrant que la seconde main s’ouvre désormais à tous et à tout type de produits ».
Méthodologie du baromètre
- Interviews réalisées sur CAWI (Computer-Assisted Web Interviewing)
- Terrain réalisé du 16 au 20 février 2026
- 1006 répondants de 18 à 74 ans représentatifs de la population française en termes de sexe, d’âge, de CSP et d’UDA5
A propos d’iligo
iligo est une agence d’études dédiée à la compréhension des comportements de consommation et à la mesure des leviers marketing.
- Agence, car l’apport en conseil, notamment d’un point de vue stratégique, est une composante des missions d’iligo.
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